Actus de l'ESAM

L’évolution des métiers de la finance

19|11
2019

Amine DOGHRI, professeur à l’ESAM nous apporte son regard sur les métiers de la Finance.

Aujourd’hui, et cela particulièrement dans les métiers de la finance, nous parlons de plus en plus de transformation digitale, expression générique qui signifie que les process sont de plus en plus gérés virtuellement, que ce soit avec des logiciels de gestion ou de planning, mais aussi par des robots ou de l’intelligence artificielle.

Et, bien entendu, cela signifie que les métiers exercés par les professionnels évoluent aussi, avec la disparition de certains métiers tels qu’on les concevait précédemment, et l’apparition de nouveaux métiers stratégiques dans le monde de l’entreprise et le département finance. Ici, nous nous intéressons aux nouveaux métiers qui apparaissent et qui prennent de l’importance et qui continueront à prendre de l’importance.

  • Chef de projet IT/Finance

Bien sûr, digitaliser la fonction finance dans une entreprise, c’est un projet à part entière qui suppose des compétences techniques, financières, mais aussi humaines. C’est pourquoi, avoir un profil transverse, qui touche à la fois à l’informatique et à la finance, et être capable de faire le lien entre les deux, c’est primordial. Il faut toujours un leader pour qui ce sera le rôle. C’est, de manière assez grossière, un traducteur entre les deux départements. Il doit donc faire preuve autant de pédagogie, d’intelligence sociale que de compétences techniques.

  • Financial planning and analysis manager

Dans ce rôle, le FP&A manager, accompagne et fait le lien entre les sous-départements de la finance. Il doit être capable de coordonner les métiers de la finance pour qu’ils avancent vers un objectif commun, plutôt que chaque département dans son coin. De la même manière qu’un chef de projet, il doit faire preuve de « soft skills », qui sont les compétences relationnelles et pédagogiques autant que de « hard skills », qui sont les compétences techniques, mais cette fois dans la finance pure, sous toutes ses formes. Il s’appuie donc sur des données centralisées.

  • Dans la banque

Le secteur bancaire n’est pas en reste, quand il s’agit de l’évolution due aux avancées technologiques de ces dernières années.

Le data analyst

Avec l’avènement des fameuses « big data », il fallait bien quelqu’un pour les analyser. Cette personne, c’est le data analyst. Sa fonction est de faciliter les décisions stratégiques, en proposant une analyse de données qui va permettre de choisir la marche à suivre pour l’entreprise, particulièrement en banque. Derrière cela, le marché, et ses tendances sont analysées, mais cela ne s’arrête pas là. Qui dit analyse, dit digestion des données, c’est-à-dire de les rendre intelligibles et simples à comprendre.

 L’analyste crédit

L’analyste crédit, c’est le spécialiste du KYC (know your customer). C’est celui qui est en charge de connaître le client, et dans le domaine de la banque, une de ses missions est la lutte contre le blanchiment et le financement des terroristes. C’est donc un travail d’analyse très poussé, qui veille à la fois du respect des normes dans les transactions, qui collecte et analyse des données sur les risques de crédit engendrés, la solvabilité du client. Cette analyse est le point de départ pour permettre à la banque de choisir de prêter ou ne pas prêter.

  • La comptabilité

La comptabilité n’est pas un nouveau métier de la finance. Néanmoins, c’est un métier qui subit actuellement une transformation profonde. La nouvelle mission du comptable : s’adapter à la digitalisation des entreprises. Donc en plus de certifier des comptes, le comptable doit aussi faire gagner du temps, et donc gagner du temps lui-même. Cela lui permettra d’étoffer son portefeuille client.

Nous l’aurons compris, l’avancée technologique a affecté et continuera d’affecter les métiers de la finance. Mais outre l’apprentissage de l’utilisation et l’optimisation des nouveaux outils, nous remarquons le retour au premier plan des compétences relationnelles, par rapport à l’hégémonie des compétences techniques qui paraît dépassée.

Amine Doghri,

Professeur à l’école ESAM

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