Actus de l'ESAM

La Fintech en 2019

01|04
2019

Crowdfunding, crowdlending, monnaies virtuelles, paiement électronique intégré… Derrière ces petites révolutions numériques, on trouve des start-up innovantes qui ont bouleversé le monde des services financiers. Ce sont les Fintech, contraction des mots « finance » et « technologie », et qui sont en train de changer le modèle économique des institutions financières traditionnelles. Le point sur les Fintech et leurs tendances en 2019.

Fintech : une révolution en marche

Dernière-née de la révolution digitale dans le monde de la finance, l’idée de la Fintech a réellement émergé au lendemain de la crise financière de 2008. Les licenciements massifs et la perte de confiance dans les modèles financiers existants ont conduit à une recherche d’alternative viable, capable d’absorber des ressources humaines extrêmement qualifiées et d’offrir de nouveaux services plus accessibles, de meilleure qualité et à moindre coût. Ainsi, et grâce à la disponibilité technologique, les Fintech ont vu le jour, avec cette idée de repenser totalement les services financiers à l’aide des nouvelles technologies.

Le succès est immédiat et touche des domaines traditionnellement acquis aux banques classiques : gestion d’épargne, prêts particuliers et professionnels, paiement en ligne… Au Royaume-Uni, pays pionnier en la matière, la British Bankers Association estime les transactions effectuées chaque jour sur les services bancaires en ligne ou sur smartphone à 1 milliard de livres sterling ! Selon Bill Michael, chef du département des services financiers de KPMG : « L’idée dominante chez une majorité de banques aujourd’hui est de se digitaliser ou disparaître ». La révolution est donc en marche et rien ne semble pouvoir freiner ses ardeurs.

Tendances 2019

57,9 milliards de dollars au premier semestre 2018 dans le monde, 365 millions d’euros en 2018 en France. Ces chiffres correspondent aux fonds levés par les Fintech et il va sans dire que ces montants attisent les convoitises des investisseurs, du grand public et même des banques classiques. Les Fintech sont un secteur en pleine expansion et les perspectives sont très prometteuses. Lord Blackwell, président du Lloyds Banking Group, pense que l’industrie financière connaîtra, dans les dix prochaines années, plus de changements qu’elle n’a connus en 200 ans !

Nées de l’idée de simplifier l’accès aux services financiers et offrir une meilleure qualité de services aux consommateurs, les Fintech devront connaître des évolutions dans ce sens. En 2019, la tendance est à plus de création de valeur grâce à l’intégration des nouvelles technologies dans l’offre existante, à l’adaptation aux évolutions réglementaires et à l’évolution de certains services comme le crowdlending.

Plus de valeur grâce aux API et à l’IA en 2019

L’intelligence artificielle (IA) et les Application Programming Interfaces (API) seront intégrés de manière plus intensive en vue d’améliorer l’expérience clients et de réduire le coût de traitement de certaines opérations. Il sera désormais possible de répondre aux demandes des clients 24h/24 et 7 jours sur 7. Plus d’options de paiement en ligne seront disponibles pour suivre la tendance en baisse de l’utilisation du cash. L’exemple en ce sens reste les pays scandinaves, notamment la Suède, très avancée en cashless, puisque le cash y est utilisé pour seulement 20 % des transactions (contre 75 % de moyenne mondiale).

Développement du crowdlending en 2019

Appelé aussi « P2P lending », le principe du crowdlending est l’obtention de prêts de particulier à particulier. Des Fintech comme Prosper.com en Californie permettent aux utilisateurs de demander des crédits ou de prêter de l’argent entre particuliers, sans intermédiation bancaire. Ces prêts participatifs sont le domaine le plus en vogue des Fintech en 2019 et les prévisions de son développement sont impressionnantes : plus de 179 milliards de dollars prévus en 2019 et jusqu’à 273 milliards de dollars de transactions à l’horizon 2022.

DSP2 : nouveau cadre réglementaire en 2019

Protection des données des utilisateurs, lutte contre la fraude et open banking sont les principaux défis réglementaires auxquels feront face les Fintech en 2019. Avec l’introduction de la directive DSP2 (deuxième directive européenne sur les services de paiement) qui sera appliquée cette année, l’open banking (système bancaire ouvert) sera plus protégé et les paiements digitaux sécurisés. La DSP2 permettra également une plus grande coopération entre les banques et les Fintech, qui collaborent déjà sur l’intégration de micro-services digitaux.

Regtech, conformité et cadre réglementaire global

Tout le monde s’accorde à dire que depuis la crise financière de 2008, la réglementation bancaire a pris un tour vers plus de sévérité et plus de contrôle. C’est dans ce contexte que des start-up spécialisées en compliance réglementaire ont vu le jour. Les Regtech (regulatory technologie), des Fintech de la réglementation en quelque sorte, accompagnent les institutions financières, à travers l’IA et la gestion des données, dans la conformité avec les réglementations en vigueur : mise à jour des règles, gestion des risques, biométrie pour l’identification individuelle, sécurité des données…). Le secteur réussit une croissance à deux chiffres et la tendance pour 2019 et au-delà est à la hausse : 75 % de croissance annuelle d’ici 2020 selon le Financial Stability Board.

Ces défis sont aussi sur l’agenda des organismes de contrôle financier internationaux, dont le FMI, qui a appelé à plus de coopération internationale sur la cyber-sécurité, la gestion des données et la concurrence lors du Paris Fintech Forum en janvier de cette année. En outre, le FMI encourage les Fintech à jouer un rôle inclusif et à démocratiser l’accès aux services financiers au niveau mondial. Christine Lagarde, directrice générale du FMI, a déclaré lors de ce forum que « Les Fintech pourraient être une incroyable force au service du bien dans le monde en donnant aux 2 milliards de personnes qui ne sont pas bancarisées ou mal bancarisées, accès à des plateformes de transactions de manière sécurisée. Je pense aussi aux millions de personnes qui travaillent à l’étranger et doivent envoyer de l’argent à la maison ».

Plus de fusions-acquisitions en 2019

En 2019, l’intérêt des fonds d’investissement et des banques pour les Fintech sera plus soutenu. Les Fintech les plus prometteuses sont absorbées dans le cadre d’opérations de fusion-acquisition, comme ce fut le cas de la start-up américaine Simple achetée par la banque BBVA moyennant 117 millions de dollars. Par ailleurs, de plus en plus de Fintech visent désormais à intégrer le club des « licornes » (start-up valorisée à plus d’un milliard de dollars), ce qui présage de l’augmentation des opérations de fusion-acquisition en 2019.

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